L’Union fait la force n’est pas la devise originelle du drapeau haïtien! Celle-ci a été falsifiée, il y a de cela 210 ans. En date du 17 octobre 1806, la patrie haïtienne a perdu sa vraie devise qui est : LIBERTÉ OU LA MORT ! Ce slogan triomphal a été inscrit sur un drapeau noir et rouge, puis de celui qui fut stratégiquement cousu au congrès mystique de l’Arcahaie . Jean-Jacques Dessalines (Ogou Dessalines) tout comme ses prédécesseurs marrons possédaient une forte croyance dans le spiritualisme et l’occultisme de l’Afrique noire préadamite (Akel-Bulan). Cette forte croyance est apparue en toute immanence dans la devise LIBERTÉ OU LA MORT qui régna au sein des populations noires de Saint-Domingue (Ayiti)de 1503 à 1803. Spécifiquement, l’historien Claude B. Auguste dans son livre Pour le drapeau (contribution à la recherche sur les couleurs haïtiennes)  a fait mention de l’existence depuis la guerre de l’indépendance haïtienne de deux drapeaux l’un bleu et rouge crée en février 1803 et non le 18 mai 1803 et l’autre noir et rouge dont l’existence est révélée dès le 19 mai 1803; par le document Latouche-Tréville- Yves Marie Bot puis confirmée par la carte de Leclerc, le rapport Babron et la lettre écrite par Saint-Mansuy au général Quentin.

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D’autre part en 1953, l’historien Timoléon C. Brutus publia un article dans l’éditorial haïtien Le Nouvelliste  dans lequel il rapportait la présence historique d’un drapeau haïtien bicolore (noir et rouge)  et que la devise qui y était inscrite fut  Libre ou Mourir; ce qui se rapproche nettement de LIBERTÉ OU LA MORT.  Dans son magna opus littéraire, Les Marrons de la Liberté, l’historien Jean Fouchard relate en spécificité les révoltes stratégiques des marrons qui furent menées sur l’île de Saint-Domingue, au cours des trois siècles qui précédèrent le 1ier janvier 1804.

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Ces vaillants marrons arborèrent tous fièrement la devise : LIBERTÉ OU LA MORT. Voici une courte description des révoltes menées par ces derniers, comme nous l’expliquent les recherches de Jean Fouchard et tous récemment celles de Berthony Dupont : « En 1679, après avoir eu le courage de tuer son maître, un colon espagnol dans la partie orientale de l’île de Saint-Domingue, un grand marron fit son apparition dans la partie occidentale de la colonie. Il s’agissait du révolutionnaire Padrejean. À son arrivée dans l’île de la Tortue, il entama une  forme de lutte qui consistait à égorger tous les colons de la colonie. Lui et une vingtaine de marrons dans les mornes de Saint-Louis dans le Nord-ouest attaquèrent les habitations et les installations esclavagistes. En 1691, Jeannot Marin et Georges Dollot alias Pierrot prirent la relève dans les montagnes de Port-de-Paix. En 1719 ce fut au tour de Michel de se soulever au Bahoruco; il fit appel aux marrons dispersés et leur demanda de se regrouper pour continuer l’objectif de Padrejean. Dans la lutte pour la libération des esclaves entamée premièrement par le cacique Caonabo, il y eut toute une colonne de révolutionnaires qui ne firent pas long feu mais qui d’une manière ou d’une autre avaient apporté une forte contribution à la révolution. Parmi les plus connus, on peut citer par exemple : Colas  en 1724, dont la jambe fut coupée, Plymouth en 1730, Polydor en 1734, Pompée en 1747, François Makandal en 1747, Médor en 1757 et l’insurrection du Bois  Cayman de Dutty Z.Boukman en 1791.» (Source : Berthony Dupont, Jean-Jacques Dessalines : Itinéraire d’un révolutionnaire, Éd. Harmattan, 2006, pp.48-pp.56).

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Jean Fouchard (1912-1990) auteur de l’ouvrage LES MARRONS DE LA LIBERTÉ

 

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 La recherchiste Sylviane Diouf dans son ouvrage, African Servants of Allah :African slaves in the Americas aborde la présence professionnelle des marrons révolutionnaires de confession musulmane et animiste qui vécurent en Haïti au cours des années 1600 et 1700. Elle mentionne des individus distingués qui pour sûr honorèrent le drapeau noir et rouge; des noms à retenir sont : Tamerlan, Ali et Halaou.  En près de 300 ans de combat, ces marrons révolutionnaires unirent souvent leurs forces aux indigènes de Saint-Domingue. Ce qui s’explique dans le symbolisme du drapeau noir et rouge; soit l’union des aborigènes africains (le noir) et des indiens indigènes (le rouge). Sans vouloir nous écarter de la présente analyse, il est important de vous mentionner que lorsque Toussaint L’Ouverture fut gouverneur  de Saint-Domingue entre 1799 et 1803 qu’il concrétisa son propre drapeau et sa propre constitution.  Précisément, le drapeau Louverturien était similaire à celui de la Corse; soit à la couleur blanche flanqué d’une tête d’un marron en son milieu.

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Actuel drapeau de la Corse similaire à celui désigné par Toussaint L’Ouverture entre 1799-1801, selon les analyse de Guerdy Jacques Préval. Historiquement, ce drapeau est âgé de plus de 800 ans. Il fut désigné par les populations noires et africaines (Les Maures) qui habitèrent l’Europe occidentale au cours du  Haut Moyen-Âge; selon les recherches anthropologiques du Dr. Ivan Van Sertima PhD. Info:  http://www.journalofafricancivilizations.com/

L’union entre les noirs et les mulâtres qui est supposément apparue dans la structuration du  drapeau bleu et rouge du 18 mai 1803 était momentanée et illusoire. Une analyse appuyée sur la présente affirmation de l’historien Guerdy J. Préval :« Arrêtons nous un instant le temps d’établir une hypothèse au sujet de la révélation de Alexandre Pétion, concernant le tract qui a servi d’élément déclencheur à la création du bicolore, base de l’alliance bleu et rouge (Nègre et Mulâtres). Ne s’agit-il pas de l’élaboration d’un tract, pièce à conviction très percutante fabriquée par Pétion lui-même, pour satisfaire ses prétentieuses ambitions politiques, et celles de sa classe et surtout en vue d’amadouer la France? Une ruse, un subterfuge prémédité dans l’intention de mettre Dessalines au pied du mur. De ce fait, Pétion arrive non seulement à trouver une astuce pour convaincre Dessalines, mais aussi un compromis pour amener le leader des Nègres à poser lui-même le geste de la représentation d’un bicolore tiré directement de l’emblème de la Révolution française de 1790-1791. Il sera constitué des  couleurs bleu et rouge, de l’Arbre de la liberté, d’un bonnet rouge à son sommet. Cet insigne avait été érigé sur la Place d’armes du Cap par les commissaires civils, le 17 juillet 1793, que les Anglais avaient fait disparaître des communes vers la fin de 1793. Pour montrer à la France, que dans l’éventualité d’une nation future, elle sera la mère patrie de cette dernière »(source : Guerdy Jacques Préval, Histoire d’Haïti : la nôtre, éd. Histoires Nouvelles, 2008, pp.122-123)

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L’Historien et chercheur émérite Guerdy Jacques Préval

L’historien  Guerdy. J. Préval nous renchérit sur le fait que la pseudo-devise haïtienne – L’Union fait la Force n’est qu’une machination de Alexandre Sabès Pétion et de certains généraux pour la plupart mulâtres qui pétrirent l’idéal dessalinien :«Voilà le sens du mot de l’épigraphe – L’Union fait la Force. Ce n’était pas l’Union de tous les fils du pays en vue de gagner la guerre de l’Indépendance, mais plutôt celle de la Force du Sud contre celle du Nord. D’abord, historiquement la devise – L’Union fait la Force– d’après le dictionnaire des devises nationales fut auparavant employée par les Provinces-Unies, ci-devant la Belgique. Elle n’est pas l’apanage  des Républicains haïtiens, mais des Provinces Unies sous son étymologie latine Concordia res parval crescunt. Plus tard, cet État européen la reprit, comme sa devise en locution française : L’Union fait la force. Or ceci montre que le drapeau bleu et rouge n’a pas la valeur symbolique à laquelle on voudrait bien nous faire croire : L’Union des mulâtres et des noirs. Il est plutôt le symbole d’une alliance conjoncturelle de la guerre de l’Indépendance. » (source : Guerdy Jacques Préval, Histoire d’Haïti : la nôtre, éd. Histoires Nouvelles, 2008, pp.124)

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De surcroît, il est étonnant de remarquer que le présent drapeau haïtien arborant la devise L’Union fait la Force  renferme des symboles qui reflètent des idéaux antiques et indo-européens liés à l’histoire révolutionnaire de la Phrygie.  Essentiellement, c’est le cas du fameux bonnet phrygien que nous percevons au sommet du palmier qui  se retrouve au centre du présent drapeau haïtien. Le bonnet phrygien souvent de couleur bleu-blanc-rouge tire son symbolisme du pilieus (chapeau en latin) qui coiffait les esclaves affranchis de l’empire romain.

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Modèle typique de bonnet phrygien utilisé dans l’Antiquité gréco-romaine. Ce bonnet n’a aucune origine noire africaine, indigène ou autochtone.

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Le Pseudo drapeau d’Haïti en existence depuis le 17 octobre 1806. Ce sale drapeau est celui qui représente la république de  Alexandre Sabès Pétion et de Jean-Pierre Boyer!

Le bonnet phrygien est repris en France au début de l’été 1790 comme symbole de la liberté et du civisme. Le bonnet phrygien devient symbole de la révolution française, entre l’automne 1793 et juillet 1794. Entre le 19ième siècle et le début du 20ième siècle, ce bonnet fut représenté sur plusieurs drapeaux de pays souverains d’Europe, des Balkans et de l’Amérique latine. Certains de ces pays n’ont jamais remis en question l’origine historique et chronologique du symbolisme, qui se cache derrière ce morceau de tissu! Il en est de même pour la république d’Haïti, en 210 ans de corruption socio-politique.

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Somme toute, le pseudo-drapeau d’Haïti qui existe depuis la mi-octobre 1806 est celui de «La République de Alexandre Sabès Pétion» et non celle du peuple vaillant haïtien descendant des marrons qui se sont battus  en trois siècles pour l’annihilation de l’esclavagisme physique à Saint-Domingue et en Occident. En vue de rendre hommage à ces descendants des marrons qui arborèrent fièrement la devise – LIBERTÉ OU LA MORT– sous les couleurs d’un drapeau noir et rouge, un travail de rééducation est exigé! À prime abord, un tel travail passe part une décolonisation spirituelle, mentale et culturelle. Par conséquent, ce travail doit être assidu, consistant et déterminé dans un cadre spatio-temporel ciblé. Si cela n’est point effectué, Haïti risque encore d’être colonisée mentalement, spirituellement et culturellement en l’an 2104, soit 300 ans après le fameux 1ier janvier 1804.  Cette lutte finale contre le néo-esclavagisme peut être menée et gagnée avant le début du 22ième siècle. En vue de remporter cette lutte, certaines armes spirituelles doivent être manipulées, avec aisance et expertise. Ces armes spirituelles  sont : 1) la connaissance intuitive 2) la psychologie ancestralite  3) l’ésotérisme préadamite 4) le mysticisme fondamentaliste 5) le symbolisme occulte- révolutionnaire 6) le panafricanisme spiritualiste. Nous aborderons l’explication de ces armes spirituelles dans des recherches ultérieures qui seront publiées, au cours des prochaines années. Fondamentalement, une d’entre-elle, le symbolisme occulte et révolutionnaire est celle que nous retrouvons dans  le drapeau noir et rouge qui a permis à Haïti (Ayiti Gwéléfri) d’être la première république noire en Occident, après la Bataille de Vertières virulente livrée, il y a de cela 213 ans.

Quelques ouvrages intéressants et importants à vous procurer: 

Emmanu-El Djehuty Thot/ Emmanuel Jean-Louis, Jean-Jacques Dessalines (Le père fondateur de la patrie haïtienne ): une brève analyse et une réflexion analyse succincte sur l’homme et son oeuvre monumentale vol.1 , éd. BR Communication, 2016

Guerdy Jacques Préval, Histoire d’Haïti : la nôtre, éd. Histoires Nouvelles, 2008

Guerdy Jacques Préval, Histoire de la culture haïtienne , éd. Histoires Nouvelles, 2012

Amalik Makandal. Vudun : force de vaincre force de vivre. 2014 

Prince Weber Tiécoura Dessalines D’Orléans Charles Jean Baptiste, La critique de l’Armée indigène, la défaite de Napoléon en Haïti , 2014

Joseph Pierre Léonard (Xchada Lumumba), DAHO: l’enseignement sacré des enfants du soleil, éd. Kyikaat, 2016

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