Le journaliste hip-hop  Antoine « Wave » GARNIER est décédé à Montréal, il y a de cela huit ans.  Spécifiquement, il est mort d’une crise cardiaque en date du 20 janvier 2009. Sa disparition marque pour le milieu du Hip Hop, du rap et de la musique en général, la perte d’un éminent analyste, grand spécialiste de la société américaine et de la culture afro.

Né le 5 mars 1965, ce sociologue diplômé en civilisation américaine, a débuté comme correspondant à New-York dans les années 1990 pour de nombreuses revues musicales (L’Affiche, The Source, Black News, Power, Groove…), avant de collaborer pour divers labels et Majors (Universal, EMI, Barclay…) en qualité de consultant ou de biographe. Journaliste pour le compte de magazines et sites Internet spécialisés, il a été rédacteur en chef de Radikal, de mai 1999 à janvier 2000. Antoine « Wave » GARNIER a également été concepteur/ réalisateur d’émissions et reportages pour la télévision (« Culture Rock spécial rap » – M6, « Caméra Graffiti » – La 5, « Bouge ta nuit » – RFO Sat, « La guerre des Gangs » – 13e RUE) ainsi que producteur/ programmateur d’une émission de radio à succès, « Check ça » sur Fun Radio, en 1997.

ishot-5

Ce véritable touche à tout médiatique était également un écrivain prolifique. Il a notamment publié «Comprendre Le Rap» en 1998, petit dictionnaire à l’usage des néophytes, «Souffle : au cœur de la génération hip hop entre New-York et Paris. 1986/2003 – Volume 1 et 2» en 2003, biographie/ récit de ses années passées à la rencontre du monde du hip hop, ainsi que son dernier ouvrage paru en 2006, «Les Suprêmes» dans lequel il écrivait avec justesse : «Les années 80 ont placés sous les projecteurs mondiaux une culture artistique singulière, expression de la dénonciation et de la rébellion d’un groupe d’Américains : celle des jeunes urbains, pauvres et exclus. Animés par une force mentale étonnante, des gamins dont on se souciait peu, ont su mêler leurs créativité et génie, force de caractère et persévérance, pour franchir des barrières considérées, dès l’origine comme infranchissables, et se hisser sur la plus haute marche de la représentation internationale. Contre toute attente, ils ont réussi à devenir des superstars planétaires. Les Suprêmes, c’est eux !».

9782847260564fs

Véritable référence, on doit à ce « rap-porteur», comme il aimait à se définir, les néologismes «rapologique» ou encore « vibracultic», ainsi que des positions marquées sur la société, faites sur un ton acide, parfois humoristique mais toujours sans concessions et d’une frappante lucidité… Par ses coups de cœurs, Antoine « Wave » GARNIER a également contribué à la notoriété de nouveaux talents de la scène française comme le rappeur MC Solaar, le groupe marseillais IAM ou encore le plus récent Oxmo Puccino. Outre Atlantique, il admirait des artistes atypiques comme Pete Rock, A Tribe Called Quest, Prince, D’Angelo, Raphaël Saadiq, Me’Shell NdegéOcello ou encore KRS One, son « mentor ».

Agé de 44 ans, il fut longtemps le témoin et l’observateur privilégié d’une culture hip hop en mouvement, de sa naissance à son apogée, des années 1980 à 2006. Ces dernières années, après avoir travaillé sur « Ingrédient », un projet de magazine culturel et sociétal nouvelle génération, il avait pris du recul avec le monde des médias pour préférer la posture d’écrivain. Il avait émigré au Canada où il venait d’entamer une nouvelle vie.

ishot-5

Leave a Reply

%d bloggers like this: