Depuis le début du printemps 2016, plusieurs allégations d’agression sexuelle et de pédophilie ont été émises à l’égard de l’icône, Afrika Bambaataa né Kevin Donavan. Ces accusations font en sorte que Afrika Bambaata s’est fait très discret depuis près d’un an. En cette fin de janvier 2017,  très peu de gens savent ce qu’il concocte ou sur quel projet il travaille.  Cette figure monumentale de la contre-culture a été honorée à de maintes reprises par le milieu artistique américain, pour sa contribution incommensurable à l’avancement de la musique contemporaine du dernier quart du 20ième siècle. La chaîne télévisée BET l’honora pour son immense travail artistique et socio-institutionnel, lors du Gala VH1 en 2006. Avant tout, Afrika Bambaataa est accrédité pour être un des pionniers de la culture électro-funk et surtout du Hip-Hop. Bambaataa a concrétisé les bases philosophiques et paradigmatiques de la culture hip-hop en créant « Les Leçons Infinies » au sein de l’organisation Universal Zulu Nation à la fin des années 1970. Plusieurs reconnaissent Afrika Bambaataa comme étant un des premiers D.J électro-rap à succès grâce aux titres Looking for the Perfect Beat et Planet Rock. Avant la tombée des accusations monstrueuses, Bambaataa consacrait son temps à solliciter un support corporatif pour la concrétisation officielle d’un musée technologique axé sur l’évolution de la culture Hip-hop. C’est par l’entremise de la Universal Zulu Nation que Afrika Bambaataa travaillait sur ce projet. Plusieurs détails et lettres patentes sont disponibles sur le site web : www.zulunation.com . Certaines personnes se demandent si Bambaataa est l’administrateur de la Universal Zulu Nation? Non, cette organisation est dirigée par un consul de sages qui est régi par une femme depuis 1994. Cette information a été validée par plusieurs analystes et Afrika Bambaataa réitéra sur ce point lors d’une entrevue qu’il accorda à D.J Ed Lover lors d’une émission de radio, en date du 23 avril 2016. Autrement dit, cela fait plus de 22 ans qu’Afrika Bambaataa n’est pas pas à la direction de la Universal Zulu Nation.

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Une panoplie de journalistes sensationnalistes a talonné Afrika Bambaataa suite à la tombée des premières accusations d’agression. Dans cette catégorie, je pointe des individus comme Star Chamber de la chaîne radio Shot97 d’Atlanta. De son côté, Afrika Bambaataa effectua de rares entrevues publiques un peu tièdes et parfois vagues comme celle qu’il fit avec le magazine Rolling Stone ou celle qui a été accordée récemment à Fox News. Certaines des victimes comme Hassan Campbell et Ronald Savage (B. Stigner) disent avoir subi des séquelles irrémédiables et qui ont été amplifiées par l’attitude indifférente émise par Bambaataa. De jour en jour, on en apprend sur cette histoire qui semble sans queue ni tête? Même KRS-One, le Teacha, qui a tenté de prendre la défense de Afrika Bam s’est fait ramasser pour plusieurs de ces propos qui furent jugés incohérents et inappropriés.

Grosso-modo, il faudrait se questionner sur l’héritage de la conscience institutionnelle de Bambaataa. Je parle de ce dernier non comme « personne individuelle » mais au sens juridique en tant que « personne morale » . Pour ceux et celles qui ne connaissent pas la définition de personne morale je vous invite à faire une petite recherche sur Google. La personne morale de Afrika Bambaataa né Kevin Donavan sera-t-elle ternie comme celle d’un Claude Jutra ? Nul ne sait ce qui se passera d’ici les prochains mois ou les prochaines années. D’une part, la culture hip-hop doit sortir de son cadre de nostalgie et de glorification pour percevoir la « propriété intellectuelle du hip-hop ». D’une autre part, nous ne pouvons point réprimander à n’importe quel instant et sans preuves tangibles et palpables ceux qui sont en position de nous représenter (source : The Gospel of Hip-Hop, pp.470-471).

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Toutes grandes civilisations, cultures et sociétés le Hip-Hop possèdent des têtes dirigeantes. En ce qui a attrait au Hip-Hop, ce système de fonctionnement remonte au début des années 1970. À l’époque américaine se concrétisait dans le Bronx avec des individus tels : D.J Kool Herc, les Herculoids, D.J Grand Wizard Theodore, Coke La Rock, Cindy Campbell ect… Saviez-vous que plusieurs autres personnes clés et influentes de l’époque n’ont jamais été accréditées comme des pionniers et pionnières de la fondation de la culture hip-hop états-unienne? Il y a quelques mois, plusieurs reportages sur les pionniers du gang de rue Black Spades ont fait surface sur YouTube.com . À travers ces documentaires, nous constatons qu’une panoplie de D.J, d’entrepreneurs(eures) et d’artistes ont été influents dans la concrétisation institutionnelle de la culture hip-hop, dès la fin des années 1960 et 1970, mais que ceux-ci n’ont jamais reçu de crédit et de reconnaissance pour leur contribution culturelle !!! Plusieurs de ces individus sont méconnus et inconnus du grand public!

En réalisant une profonde analyse, je constate que la vraie propriété intellectuelle n’est pas l’historique d’une personne qui ait contribué d’une manière commerciale ou luxurieuse au Hip-Hop. Plutôt, c’est un ensemble de facteurs culturels, artistiques et distinctifs qui donnent un caractère particulier au Hip-Hop. Cet ensemble a renchéri le développement du Hip-Hop d’hier à aujourd’hui. L’instauration d’un véritable centre de documentation archivistique ou d’un musée public permettra de cimenter institutionnellement et chronologiquement cet ensemble de facteurs. À l’instar du projet de musée technologique proposé par la Universal Zulu Nation, un projet de muséologie corporative axée sur la culture hip-hop américaine veut mettre le cap sur la validation de cet ensemble de facteurs qui a contribué à l’émergence du Hip-Hop. En fait, c’est un projet qui remonte à 1996. Ce musée porterait le nom du Hip-Hop Hall of Fame Museum et serait instigué par l’homme d’affaires J.T Thompson, le concepteur du Hip-Hop Hall of Fame Awards qui avait lieu sur la chaîne de télévision BET au cours des années 1990. Le montant exact pour la concrétisation d’un tel musée s’élève à 80 millions $. Ce musée sera conçu sur 50 000 pieds carrés dans le Bronx (New-York). En fin 2014, près de 50 millions $ avaient été comptabilisés pour la construction du musée. La date d’ouverture est fixée pour 2017.

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La vision d’un tel projet à 1992, selon les dires de J.T Thompson. Cependant, la progression du projet a été stagnée et embrouillée par le conflit socio-territorial dans le milieu hip-hop états-unien de la moitié des années 1990. Plusieurs investisseurs et partenaires financiers se sont retirés du projet, suite à l’assassinat de Tupac Shakur survenu en date du 13 septembre 1996. J.T Thompson a continué à persévérer et compte finaliser le projet pour la date de tombée qu’il s’est fixé l’an en 2017. Monsieur Thompson ne cesse de confirmer que le Hip-Hop a une très mauvaise réputation culturelle et qu’un tel musée pourrait servir à laver le nom de cette culture dans un spectre éducatif, archivistique et corporatif. Définitivement, tout comme J.T Thompson je crois qu’un tel projet pourra redorer le blouson du Hip-Hop à l’échelle états-unienne et aussi à l’international. Un autre homme d’affaires du nom de Craig Wilson compte aussi concevoir l’édification d’un musée axé sur la culture Hip-Hop aux États-Unis d’ici quelques années. Quant à lui, Monsieur Wilson voudrait ériger ce musée dans le secteur de Manhattan (New-York), en vue d’en faire une attraction touristique et capitaliste.

Ce dernier voudrait concrétiser un musée axé sur les retombées commerciales et financières de la culture Hip-Hop. Craig Wilson a même reçu le soutien de quelques investisseurs et créanciers de Wall Street, pour ce projet! Somme toute, d’ici quelques années, la propriété intellectuelle, anthropologique, éducative et archivistique de la culture Hip-Hop sera représentée par quel type de musée? Nul ne le sait! Confronté à une telle compétition, Afrika Bambaataa a-t-il été saboté par des instances médiatiques, des hautes sphères conspirationnistes et gouvernementales ne voulant guère que son type de musée technologique et révolutionnaire se concrétise ? Cette hypothèse mène à une réflexion qui permet d’élargir nos horizons sur les accusations dont il est victime!

 

NB: La dissertation analytique qui précède a été entièrement rédigée par Kapois Lamort. Pour de plus amples informations, vous pouvez envoyer un courriel à  laprodenoire@gmail.com ou kapoislamort@hotmail.com 

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